Initions ce voyage gustatif par un bond dans le passé et une histoire. En 1855, l’empereur Napoléon III profite de l’Exposition Universelle de Paris pour établir un classement des vins de Bordeaux. Evidemment, les coups de cœur annotés et autres listes de préférences existaient déjà dans le secteur viticole (les plus anciennes traces de guide datent de l’antiquité grecque) mais les chambres du commerce réclamaient un geste officiel.

Oublions d’abord la qualité des vins de l’époque (impossible à estimer vu que ces vins… furent bus) pour y revenir plus tard avec les versions contemporaines. Le classement originel se base surtout sur la réputation, des prix de production et des réputations informelles construites sur les chiffres. En gros, le classement est avant tout un argument marketing ingénieux !

Le classement de 1855, amendés deux fois, constitue encore de nos jours une base pour juger de la qualité supposée d’un vin. Il permet également de rappeler que Bordeaux produit d’excellents vins blancs et liste de nombreux domaines et châteaux pour constituer votre liste d’envies. Nous en avons découvert quelques-uns, grâce à l’école belge Inter Wine & Dine et à l’aide précieuse d’Olivier Salques et Sylvain Boivert. Notons que cette dégustation est horizontale, donc du même millésime (2011) mais bien de domaines fort différents.

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Pichon-Longueville Comtesse de Lalande (2ème grand cru classé) – AOC Pauillac
Fruité et soyeux, ce vin rouge gourmand manque légèrement de corps et devrait grandement s’améliorer avec l’âge. Préférez le millésime 2005 par exemple, pour bénéficier d’un tanin plus présent et d’une astringence renforcée, parfaite pour le repas.

Château Pontet-Canet (5ème grand cru classé) – AOC Pauillac
Comparaison intéressante avec son « grand-frère » spirituel, pour ce vin rouge sur les fruits rouges vifs avec un nez épicé. Chaleureux, sa finale pointe vers l’affinage en fût de chêne et une certaine rondeur.

Château Saint-Pierre (4ème grand cru classé) – AOC Saint-Julien
Sans dépasser l’alcool présent dans les autres vins dégustés, ce vin rouge tend davantage vers la chaleur. On dénote de belles évolutions, dont des saveurs rappelant, par exemple, le moka.

Château Pouget (4ème grand cru classé) – AOC Margaux
Plutôt discret, les fruits intenses évoluent vers des tannins assumés et quelques notes fumées. De quoi s’imaginer autour d’un bon repas, comme du gibier avec des champignons ou un barbecue gourmand.

Château Boyd-Cantenac (3ème grand cru classé) – AOC Margaux
Plus gourmand mais sur des notes similaires au Château Pouget, on découvre des tanins plus aboutis. Notons la belle longueur comme pour ses camarades et une robe noire qui termine notre dégustation des vins rouges. A conserver encore quelques années pour un potentiel maximum.

Château Broustet (2ème grand cru classé) – AOC Sauternes
Vin blanc très doux avec un léger manque d’oxydation. A conserver ou à bien carafer, quitte à simplement l’ouvrir avec une heure d’avance. Rectiligne pourrait définir ce vin dans son ensemble avec une belle exécution et une finesse assurée mais moins de complexité.

Château Sigalas Rabaud (1er grand cru classé) – AOC Sauternes
Avec quelques degrés d’alcool en plus, ce vin blanc gourmand assume un côté plus liquoreux. Très belle persistance pour un équilibre réussi dans son style, pour les gourmands raffinés en dessert.

Inter Wine & Dine

Article originellement publié sur YAP!