L’actualité culinaire de Bruxelles regorge d’événements intéressants, de nouvelles initiatives et parfois d’actes engagés. Mais lorsque des politiciens, en pleine campagne pour les communales, s’affichent fièrement à l’ouverture d’un fast-food d’une enseigne étrangère… Je ne peux m’empêcher de réagir!

Ce 24 septembre 2018, quelques figures de proue du Parti Socialiste ont participé à une sorte de cérémonie d’ouverture d’un Burger King. Ce coup de communication n’aurait pas eu lieu en dehors d’un contexte populiste et électoraliste puisque la marque américaine possède déjà des établissements dans notre pays.

Profitons-en pour rappeler que si Burger King (et ses mauvais hamburgers) ou encore Starbucks (et ses mauvais cafés) furent longtemps absents chez nous (contrairement à… pratiquement tous les autres pays du monde), c’est bien à cause de ces mêmes politiciens. L’argument de la taille du pays ou de notre population ne compte pas: le Luxembourg ou des cités-états européennes accueillent ces enseignes depuis longtemps. Les énormes taxes, la caisse noire et les coûts de l’emploi qui touchent l’Horeca, par contre, sont bien des spécificités belges.

Des emplois, ce fast-food devrait en fournir. Les élus se réjouissent d’ailleurs de 80 jobs créés… Ou plutôt d’une dizaine de postes précaires sous-payés. Personne ne se souvient des centaines d’emplois, pourtant promis, que l’arrivée de Google ou de Mittal devait générer en Wallonie. Certains se souviendront par contre des cadeaux fiscaux donnés par le gouvernement à ces entreprises qui finirent par ne pas tenir leurs engagements.

Et même si ce Burger King permet effectivement d’embaucher 80 personnes, cela passera par une précarité de l’emploi. Travailler dans l’Horeca reste difficile, les enseignes de fast-food réussissent à rendre l’exercice encore plus pénible et moins gratifiant.

Au lieu de se réjouir de l’ouverture d’un tel établissement, les politiciens devraient s’alarmer des difficultés des Belges à se nourrir convenablement. Plusieurs scandales alimentaires ont touché le pays ces derniers mois, les vols à l’étalage concernent de plus en plus la nourriture et l’Union Européenne à Bruxelles semble incapable d’éradiquer le glyphosate… Chez nos voisins français, pratiquement la moitié de la population n’arrive plus à se nourrir correctement pendant que leur Président insulte et ment aux chômeurs.

Rappelons qu’en cette fin 2018, en Belgique, le premier livre lu en Flandre depuis plus d’une semaine est Mein Kampf. Que nous enfermons des enfants dans des prisons pour sans-papiers. Que nous allons connaître une pénurie (ou au mieux une hausse des prix hallucinante) de l’électricité cet hiver. Que nos tunnels s’effondrent (presque sur les gens). Que le chômage des jeunes à Bruxelles frôle les 50%… Mais gardons espoir, le PS prend des photos à l’ouverture d’un fast-food… Et le MR (au pouvoir avec la NVA) se focalise sur “la propreté et la sécurité”…